Problématiques adolescentes

9,Avr,2020 | Orientations & Bilans | 0 commentaires

Un corps qui change 

Le corps de l’adolescent change vite, parfois trop vite pour qu’il ait le temps de le reconnaître comme le sien. La puberté impose des transformations qu’il n’a pas choisies et qu’il doit pourtant intégrer, souvent dans l’urgence et le décalage. Ce corps nouveau, parfois étranger, l’oblige à reconstruire une image de lui-même qui reposait jusque-là sur les repères stables de l’enfance.

Philippe Gutton a théorisé ce moment comme un véritable processus psychique — le « pubertaire » — une réorganisation profonde que tout adolescent traverse, à son rythme. Ce n’est pas un dérèglement. C’est un travail, et il n’a pas à le faire parfaitement.

Se séparer pour devenir soi

 

Les auteurs qui ont beaucoup travaillé la clinique de l’adolescence, rappellent que grandir ne suffit pas : il faut aussi se séparer. Se séparer des images parentales de l’enfance, d’une identité qui lui a longtemps été façonnée par d’autres. Ce mouvement, même quand il prend la forme de l’opposition ou de la distance avec les parents, n’est pas un rejet : c’est une tentative de devenir soi-même.

L’adolescent oscille souvent entre le désir de rester protégé et celui de devenir autonome — une ambivalence qui se rejoue dans presque tous les domaines : l’autorité, les fréquentations, les choix d’avenir, le rapport à son corps.

Cette oscillation, aussi inconfortable soit-elle, fait partie du processus. Elle ne dit rien d’anormal sur lui.

Quand ça s’enraye plutôt que ça avance

 

Philippe Jeammet, dont les travaux ont marqué la clinique des conduites à risque à l’adolescence, distingue la crise qui évolue de celle qui se fige. Tester, s’opposer, revenir en arrière, recommencer : ce mouvement fait partie de la traversée. Ce qui inquiète davantage, c’est de rester bloqué dans un même fonctionnement, sans évolution possible — un repli qui dure, des conduites à risque qui s’installent, un mal-être qui ne trouve plus à se dire autrement que par des actes.

Quand l’adolescent se reconnaît dans cette impression d’être enfermé, sans savoir comment en sortir, ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est souvent le moment où parler à quelqu’un d’extérieur à la famille et aux proches peut faire une vraie différence.

Pour les parents

 

Si vous lisez ceci en tant que parent : la distance que votre enfant met avec vous fait partie de ce travail de séparation, pas un signe que vous avez échoué. Votre rôle reste essentiel, même quand il semble s’en détacher. Si certains signes vous inquiètent — repli durable, chute scolaire installée, troubles du sommeil ou de l’alimentation, scarifications, rupture nette avec son fonctionnement habituel — il est légitime d’en parler à un professionnel, sans que cela signifie que la situation est grave.

En résumé

 

L’adolescence n’est pas une maladie à traiter, mais un processus de séparation et de construction que chaque adolescent traverse, à sa façon et à son rythme. Quand quelque chose s’est figé, quand il se sent seul avec ce qu’il vit, en parler dans un espace qui n’est ni la famille ni les relations amicales peut l’aider à y voir plus clair. Je suis disponible pour cela.

Bonjour,

Psychologue sur Nice,  je vous partage le fruit de réflexions sur nos comportements et des solutions pour faire face à vos troubles.

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